La diva chante, et très bien. Elle déploie une technique sans faille et se montre à l’aise dans tous les registres et dans toutes les situations : opéra, opérette, comédie musicale et même chant religieux, avec un "Stabat Mater" en duo du plus bel effet, parvenant même à faire totalement oublier les accessoires des interprètes (ours en pluche et ustensile ménager !).
Au cours de cette heure et quart de spectacle, sans entracte - format qui convient parfaitement à un spectacle aussi dense et intense - ce ne sont pas moins de vingt compositeurs qui sont passés à la moulinette : Mozart, Haendel, Bizet, Massenet, Offenbach ("Mon Dieu, que les hommes sont bêtes"), Verdi ("La Dona e mobile"), Rossini, Strauss, Poulenc, Bernstein ("I feel pretty", de West Side story).
Brigitte Lafon est drôle. La chanteuse et ses deux complices font feu de tout bois, tantôt en illustrant au pied de la lettre les paroles de certains morceaux ("Ça fait peur aux oiseaux"), avec des effets comiques burlesques, dignes des Marx Brothers ou de Tex Avery. L’évident plaisir de Brigitte Lafon à revisiter joyeusement tout le répertoire lyrique est contagieux et entraîne le public, petits et grands.
La dame est bien entourée, par deux zigomars qui n’ont de cesse de perturber le bon déroulement du récital. D’un côté, on trouve un pianiste lunaire (Yoan Hereau) qui endosse tous les rôles : accompagnateur, souffre-douleur de sa colérique patronne, mais aussi empêcheur de vocaliser en rond désireux d’imposer son propre répertoire. Dans ce rôle non moins déjanté, il fait preuve lui aussi de grandes qualités musicales et d’une fantaisie sans frein.
C’est également le cas du troisième larron, (Francis K.Larrière), un régisseur en bleu de travail, au grand sourire et une coupe de cheveux aussi improbable que "l’Amour enfant de bohème", version rap, entonné par le trio. Or, mine de rien, Francis Kagenaar-Larrière nous gratifie de quelques-uns des plus jolis moments du spectacle, comme un inattendu "Oh Solitude" de Purcell.
Les 150 spectateurs ont donc pu vérifier par eux-mêmes ce que la presse avait déjà souligné à propos du spectacle :
- "… Brigitte Lafon, aux aigus étincelants, se révèle ici une comédienne irrésistible de drôlerie …" Opéra International
- "Quelle présence ! Et quelle vitalité ! Un spectacle pétillant, qui a jeté la salle dans une euphorie sans frein … Une performance exceptionnelle" Ouest France


